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Un marché Nocturne des « Médicaments de la mort » est ouvert tous les soirs à Grand-Yoff

Interdite en juillet 2009 à Keur Serigne-Bi par le premier ministre d’alors, Me Souleymane Ndéné Ndiaye, la vente illicite de médicaments reprend de plus belle à Dakar.

Traqués par les services de l’Etat chargés de combattre la vente illicite des produits pharmaceutiques, les « pharmaciens du secteur informel » se sont progressivement redéployés. La vente des « médicaments de la mort », devenue moins lucrative à Keur Serigne-Bi où elle se fait en cachette, a trouvé dans la commune de Grand-Yoff où le pouvoir d’achat des ménages est modeste un terrain fertile.

Au niveau du marché, c’est nuitamment que cette activité commence à prospérer. Pour les usagers du principal axe routier traversant le marché Grand-Yoff, il est impossible, durant la journée, de voir l’ombre d’une gélule. Dans ce populeux quartier de la périphérie de Dakar où la nuit ne ralentit en rien les activités des habitants, le marché des produits pharmaceutiques s’ouvre après la tombée du crépuscule.

Au moment où les commerçants et autres vendeuses des produits alimentaires, vomis par petits groupes par les entrailles du labyrinthique marché Grand-Yoff quittent les lieux, les spécialistes du business des produits pharmaceutiques s’installent dans l’obscurité. Faisant dans la ruse, ils exposent quelques médicaments et deux boîtes vides de fortifiant Ca-C 1000 sur de petites tables bordant la route.

Pour attirer la clientèle, une petite lampe torche est accrochée sur un support surplombant la tablette pour éclairer la marchandise illicite. Toujours dans leur stratégie de camouflage de leur activité illégale, ces commerçants indélicats se démarquent de leurs étals en observant une certaine distance.

Une manière pour ces derniers de limiter les risques d’arrestation dont ils font l’objet et de perte en cas de saisie de la marchandise interdite au commerce. Surpris en train de baisser les stores de son magasin de produits cosmétiques, visiblement tenaillé par la fatigue et la faim après une dure journée de travail, Imam Ndiaye explique pourquoi les vendeurs de médicaments adoptent cette ruse.

« Que ces étals dégarnis ne vous trompent pas. Ils ont de quoi remplir la Pharmacie nationale d’approvisionnement en stocks quelque part dans le marché ou à domicile. S’ils exposent deux ou trois plaquettes de médicaments, c’est juste pour ne pas perdre beaucoup d’argent. Et pour les comprendre, il faut assister à l’une des descentes des services étatiques qui les traquent. Tout le monde se démarque, personne ne veut plus assumer la propriété de l’une de la dizaine de tables pharmacie que vous voyez ici», explique Imam, le sourire aux lèvres.

Camouflés dans la pénombre des cantines fermées des effets vestimentaires, comme s’ils cherchaient à se mettre à l’abri d’une pluie inopinée, les vendeurs de médicaments refusent de discuter autour de leur business ou d’en reconnaître la possession. Si un client se pointe, il est servi à une vitesse fulgurante à partir d’un stock planqué dans les méandres des couloirs menant au marché.

source : leral

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