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Guerre entre Israël et Hamas . Gaza : appel des Occidentaux à un cessez-le-feu à la veille d’un vote crucial du conseil de sécurité de l’ONU

Pour la première fois depuis le 7 octobre et après avoir opposé plusieurs vétos aux résolutions précédentes, les États-Unis vont proposer leur propre texte vendredi soulignant « la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat et durable » à Gaza.

Une pression internationale toujours plus forte. Les 27 et Washington ont appelé jeudi à un cessez-le-feu à Gaza et ont exhorté Israël à ne pas lancer son opération terrestre sur la ville de Rafah, dans le sud de l’enclave.

« Le Conseil européen appelle à une pause humanitaire immédiate devant conduire à un cessez-le-feu durable, (appelle) à la libération inconditionnelle de tous les otages et à la fourniture d’aide humanitaire », selon le texte de Bruxelles qui demande aussi à Israël de « ne pas mener d’opération terrestre à Rafah », dans le sud de la bande de Gaza, où sont réfugiés des centaines de milliers de Gazaouis.

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a de son côté jugé au Caire qu’une opération majeure d’Israël à Rafah serait « une erreur ». « Il y a de meilleurs moyens de gérer la menace du Hamas », a-t-il ajouté, jugeant « inutile » une invasion terrestre de cette ville située à la frontière égyptienne.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou affirme que cette offensive est nécessaire pour vaincre définitivement le Hamas, en dépit des pressions internationales et de la présence dans cette ville de près d’un million et demi de personnes, selon l’ONU, en majorité déplacées par la guerre.

Un vote crucial du conseil de sécurité de l’ONU

Antony Blinken, attendu vendredi en Israël, a en outre affirmé que les États-Unis avaient présenté un projet de résolution aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU appelant à un « cessez-le-feu immédiat lié à la libération des otages » à Gaza.

Le texte souligne « la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat et durable pour protéger les civils de tous côtés, permettre la fourniture de l’aide humanitaire essentielle » et « soutient sans équivoque les efforts diplomatiques internationaux pour parvenir à un tel cessez-le-feu en lien avec la libération des otages encore détenus ». Ce texte sera soumis vendredi au vote du Conseil de sécurité.

Il s’agit d’un changement de ton assez radical. Les États-Unis, alliés historiques d’Israël, ont déjà mis leur veto à plusieurs résolutions du Conseil de sécurité appelant à un cessez-le-feu, estimant que cela aurait bénéficié au Hamas. Mais face au lourd bilan humain et à la famine qui menace, Washington redouble à présent d’efforts pour parvenir à une trêve et éviter une offensive terrestre sur Rafah.

Un autre projet de résolution, porté par plusieurs des membres non permanents du Conseil, exigeant « un cessez-le-feu humanitaire immédiat pour le mois du ramadan » a également été présenté.

Un projet de résolution française

La France a quant à elle annoncé travailler à son propre projet de résolution allant au-delà d’un appel à un cessez-le-feu immédiat. « Nous considérons qu’il est temps de prendre de nouvelles initiatives au Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit en cours », a indiqué jeudi Christophe Lemoine, le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, en rappelant la situation humanitaire catastrophique.

Interrogé à New York, l’ambassadeur français à l’ONU Nicolas de Rivière a précisé que ce projet de la France interviendrait « plus tard, avec une résolution plus large concernant diverses questions, notamment un cessez-le-feu durable, pas seulement un court cessez-le-feu pendant le ramadan ». Interrogé sur la coordination avec les États-Unis, le porte-parole du Quai d’Orsay a relevé que plusieurs résolutions pouvaient être déposées.

Il a en outre balayé tout manque de coordination entre les deux pays. « Évidemment, nous nous coordonnons avec les États-Unis depuis le début de la crise », a-t-il affirmé, en ajoutant que Washington était « un partenaire majeur » siégeant au Conseil de sécurité des Nations unies. « Et donc, il y a effectivement un dialogue avec les États-Unis qui existe depuis le début de la crise », a-t-il assuré.

Parallèlement, les discussions sur une trêve se poursuivent à Doha entre représentants des États-Unis, du Qatar et de l’Égypte. Le chef du Mossad, les services de renseignement israéliens, David Barnea, doit y rencontrer vendredi le directeur de la CIA, Wiliam Burns, ainsi que le Premier ministre qatari Mohammed ben Abdelrahman Al-Thani et le chef des services de renseignement égyptiens, Abbas Kamel.

« Le fossé se réduit » dans les négociations a affirmé Antony Blinken. Et « s’il est difficile de parvenir (à un accord), cela est toujours possible », a-t-il également assuré.