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Guerre entre Israël et Hamas . Le Hamas a accusé, dans la nuit, le gouvernement israélien d’être « entièrement responsable » de « l’échec » jusqu’à présent des pourparlers en vue d’une trêve à Gaza

Tôt mardi, des témoins ont fait état de frappes près de Rafah, à Gaza. Le Hamas a accusé, dans la nuit, le gouvernement israélien d’être « entièrement responsable » de « l’échec » jusqu’à présent des pourparlers en vue d’une trêve à Gaza. Le vote d’une résolution du Conseil de sécurité appelant pour le « cessez-le-feu immédiat » à Gaza a été salué de Madrid à Prétoria. 

Les raids aériens et les affrontements se poursuivent mardi dans la bande de Gaza malgré une première résolution, la veille, de l’ONU exigeant un « cessez-le-feu » immédiat dans le territoire palestinien et qui a suscité l’ire d’Israël.

Tôt mardi, des témoins ont fait état de frappes près de Rafah, ville à la pointe sud de la bande de Gaza où s’entassent 1,5 million de Palestiniens, la majorité d’entre eux déplacés par les violences dans le reste du territoire, théâtre depuis près de six mois d’une guerre meurtrière entre le Hamas et Israël. Et les alarmes anti-roquettes ont retenti autour de Gaza, selon l’armée israélienne.

Le Hamas accuse Israël de « l’échec » des pourparlers de trêve à Gaza

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a accusé dans la nuit de lundi à mardi le gouvernement israélien d’être « entièrement responsable » de « l’échec » jusqu’à présent des pourparlers en vue d’une trêve dans les combats à Gaza assortie de libérations d’otages et de prisonniers.

« Le mouvement a informé il y a peu les frères médiateurs (référence au Qatar et à l’Égypte) adhérer à sa position et à sa vision présentées le 14 mars dernier. Mais l’occupation (israélienne) a refusé de répondre aux revendications fondamentales de notre peuple et de notre résistance », a indiqué le Hamas dans un communiqué.

« En conséquence, le mouvement réitère que (Benjamin) Netanyahu et son gouvernement extrémiste portent l’entière responsabilité de l’échec des efforts de négociation et d’avoir empêché jusqu’à présent la conclusion d’un accord », a ajouté le Hamas sans dire toutefois qu’il mettait fin aux pourparlers.

Le vote de l’ONU sur un « cessez-le-feu immédiat » salué de Madrid à Pretoria

Le vote lundi d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU appelant pour la première fois à un « cessez-le-feu immédiat » à Gaza, avec l’abstention notable des États-Unis, a été conspué par Israël mais largement salué de Madrid à Pretoria.

La résolution « exige un cessez-le-feu immédiat pour le mois du ramadan » –qui a déjà commencé il y a deux semaines–, devant « mener à un cessez-le-feu durable », et « exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages ».

Dans la bande de Gaza, des habitants rencontrés par l’AFP se sont félicités du vote à l’ONU tout appelant Washington à user de son influence sur Israël pour obtenir un cessez-le-feu. « L’Amérique doit protéger Rafah comme elle a protégé Israël », a estimé Bilal Awad, un déplacé de la ville de Khan Younès (sud).

Washington estime qu’il n’y a « aucune raison de croire qu’Israël ait commis des actes de génocide à Gaza »

Les Etats-Unis estiment n’avoir « aucune raison» croire qu’Israël ait commis des actes de génocide à Gaza », a assuré lundi un responsable américain, après qu’une rapporteuse spéciale de l’ONU a affirmé qu’il existait « des motifs raisonnables » en ce sens.

« Nous réitérons notre opposition de longue date au mandat de cette rapporteuse spéciale, qui a un parti pris contre Israël », a également déclaré ce responsable à l’AFP, sous couvert de l’anonymat. La rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens a affirmé dans un rapport publié lundi qu’il existait « des motifs raisonnables » de croire qu’Israël avait commis plusieurs « actes de génocide » contre les Palestiniens à Gaza.

Les États-Unis rappellent au ministre de la Défense israélien leur opposition à une offensive à Rafah

Le chef de la diplomatie américaine a mis une nouvelle fois Israël en garde contre les risques d’une offensive à Rafah, réitérant l’opposition des États-Unis à une telle opération, lors d’une rencontre lundi avec le ministre de la Défense israélien. Le secrétaire d’État Antony Blinken « a rappelé le soutien des États-Unis à s’assurer de la défaite du Hamas, y compris à Rafah, mais a réitéré son opposition à une opération terrestre d’envergure à Rafah », a indiqué dans un communiqué Matthew Miller, porte-parole du département d’État.

Antony Blinken « a souligné l’existence d’autres solutions qu’une invasion terrestre de grande envergure, qui permettraient à la fois de mieux assurer la sécurité d’Israël et de protéger les civils palestiniens », a-t-il poursuivi. La rencontre entre Antony Blinken et le ministre Yoav Gallant s’est déroulée lundi à Washington, après l’annulation le même jour par Israël d’une visite de haut rang dans la capitale américaine. Cette annulation a été décidée en réaction à l’abstention américaine lors du vote de lundi à l’ONU d’une résolution en faveur d’un « cessez-le-feu immédiat » à Gaza, un appel direct auquel les États-Unis avaient jusqu’alors opposé leur veto.

« Je suis sûr que nous trouverons d’autres moyens de faire connaître nos inquiétudes » sur cette offensive qui présenterait des risques « immenses » pour les civils, avait assuré plus tôt lundi Matthew Miller. Selon lui, le gouvernement israélien n’a pas présenté de plan cohérent pour l’évacuation du 1,4 million de personnes présentes à Rafah. « Ce type d’invasion affaiblirait la sécurité d’Israël » et « nuirait à sa position dans le monde », a-t-il insisté, alors que les États-Unis sont sous pression pour atténuer leur soutien à Israël.

Le Brésil a dit « (espérer) que le cessez-le-feu sera mis en œuvre immédiatement »

Le gouvernement brésilien a dit « (espérer) que le cessez-le-feu sera mis en œuvre immédiatement, comme le stipule la résolution », selon un communiqué, rappelant « l’urgence de garantir l’entrée effective d’un flux important et régulier d’aide humanitaire à Gaza ainsi que la libération de tous les otages ».