A L uneACTUALITESinternationalPOLITIQUE

Iran-Israël : Israël promet «une riposte» à l’attaque massive de l’Iran

Selon le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, les installations iraniennes devaient rouvrir lundi.

L’Iran a fermé ses installations nucléaires le jour de son attaque contre Israël, l’État hébreu promet «une riposte» à l’attaque massive de l’Iran, le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi a discuté au téléphone avec son homologue iranien… Le Figaro fait le point sur les tensions entre Israël et l’Iran ce mardi 16 avril.

L’Iran a fermé ses installations nucléaires le jour de son attaque contre Israël

L’Iran a fermé ses installations nucléaires dimanche, jour de son attaque contre Israël, a indiqué lundi le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi. Lors d’une conférence de presse en marge d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la centrale ukrainienne de Zaporijjia, Rafael Grossi a été interrogé sur la possibilité d’une frappe de représailles israélienne contre des installations nucléaires iraniennes.

«Nous sommes toujours préoccupés par cette possibilité», a répondu le chef de l’AIEA. «Ce que je peux vous dire, c’est que nos inspecteurs en Iran ont été informés par le gouvernement iranien qu’hier (dimanche, NDLR), toutes les installations nucléaires que nous inspectons chaque jour resteraient fermées pour des raisons de sécurité», a-t-il ajouté.

Selon lui, les installations iraniennes devaient rouvrir lundi. «J’ai décidé de ne pas laisser les inspecteurs revenir tant que la situation n’est pas complètement calme. Nous reprendrons demain» (mardi, NDLR), a-t-il expliqué. Cette fermeture «n’a pas eu d’impact sur nos activités d’inspection. Mais bien sûr, nous appelons toujours à la plus grande retenue», a-t-il poursuivi.

Israël promet «une riposte» à l’attaque massive de l’Iran

Israël «une riposte à l’attaque massive »promet et sans précédent lancée par l’Iran, malgré les appels de nombreux pays, y compris son allié américain, à éviter une escalade dans une région déjà endeuillée par la guerre en cours dans la bande de Gaza.

L’Iran a pour la première fois lancé une attaque directe ce week-end contre Israël, en représailles à une frappe contre le consulat iranien à Damas le 1er avril, attribuée à Israël, qui a tué sept membres des Gardiens de la Révolution. L’armée israélienne va «riposter au lancement de ces si nombreux missiles de croisière et drones sur le territoire de l’État d’Israël», a déclaré lundi soir le chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Herzi Halevi, en visitant la base de Nevatim (sud) touchée par une frappe.

Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou avait plutôt appelé la communauté internationale à «rester unie» face à «l’agression iranienne, qui menace la paix mondiale», après cette attaque déjouée avec l’appui de plusieurs de ses alliés, dont Washington. Depuis dimanche, les appels se multiplient pour empêcher une riposte massive qui risquerait d’embraser davantage la région, déjà «au bord du précipice», selon le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Après avoir fait front avec leurs alliés contre l’attaque iranienne, les États-Unis ont dit ne pas vouloir «d’une guerre étendue avec l’Iran», et prévenu qu’ils ne participeraient pas à une opération de représailles. «Ensemble, avec nos partenaires, nous avons vaincu cette attaque» iranienne, a affirmé le président américain Joe Biden en appelant Israël à éviter une escalade et plutôt tenter d’œuvrer à un «cessez-le-feu» dans la bande de Gaza.

Outre les Etats-Unis, le Royaume-Unis et la France ont eux aussi pris leurs distances. Le chef de la diplomatie britannique, David Cameron, a exclu une participation de son pays à une riposte et le président français Emmanuel Macron a appelé à éviter un «embrasement» régional.

359 drones et missiles interceptés ce week-end

Israël a annoncé avoir intercepté, avec l’aide des États-Unis et d’autres pays alliés dont la France et le Royaume-Uni, mais aussi la Jordanie et l’Arabie saoudite, la quasi-totalité des 350 drones et missiles lancés ce week-end par l’Iran. L’Iran a dit considérer «l’affaire close» et mis en garde Israël, son ennemi juré, contre tout «comportement imprudent» qui déclencherait une réaction «bien plus forte» de sa part.

Des objets sont vus dans le ciel au-dessus de Jérusalem après que l’Iran a lancé des drones et des missiles vers Israël, à Jérusalem le 14 avril 2024 Ronen Zvulun / REUTERS

Le ministre des Affaires étrangères chinois a discuté au téléphone avec son homologue iranien

Le ministre des Affaire étrangères chinois Wang Yi a discuté au téléphone avec son homologue iranien, a rapporté mardi l’agence officielle Chine nouvelle, précisant que Téhéran avait de nouveau exprimé sa «volonté de retenue» après son attaque sans précédent sur le territoire israélien. Selon Chine nouvelle, Hossein Amir-Abdollahian a fait part à Wang Yi de la position iranienne quant au bombardement, imputé à Israël, d’une annexe de l’ambassade d’Iran à Damas, en Syrie.

Toujours d’après l’agence chinoise, le diplomate iranien a estimé que le Conseil de sécurité des Nations unies «n’a pas apporté la réponse nécessaire à cette attaque» et que «l’Iran a le droit à l’autodéfense en réponse à la violation de sa souveraineté».

Le cabinet de guerre israélien s’est réuni dimanche et lundi

Le cabinet de guerre israélien présidé par Benyamin Netanyahou, sous très forte pression pour éviter une escalade, s’est réuni dimanche puis lundi, sans qu’une décision ne soit annoncée sur la forme que pourrait prendre une riposte. «Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour protéger l’État d’Israël, et nous le ferons à l’occasion et au moment que nous choisirons», a affirmé lundi le porte-parole de l’armée, l’amiral Daniel Hagari, sur la base de Nevatim.

L’armée, qui a donné lundi le nom de «Iron Shield» (Bouclier de fer) à son opération contre les missiles iraniens, a diffusé une courte vidéo montrant un cratère peu profond le long d’un mur dû à l’impact d’un projectile lors de sa chute sur cette base du sud du pays.

Le Golden Gate bloqué

Lundi aux États-Unis, des manifestants pro-palestiniens ont bloqué le Golden Gate Bridge, le pont emblématique de la ville de San Francisco, et déployé une banderole portant les mots: «Arrêtez le monde pour Gaza».

Cette manifestation fait partie d’une initiative appelée «A15 Action», qui cherche à bloquer de nombreuses grandes villes dans le monde entier, «en solidarité avec la Palestine».