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Interdiction de manifestations au Sénégal et dans d’autres pays : Amnesty lance une campagne mondiale de protestation

Amnesty International a publié hier, mardi 19 juillet 2022, un rapport axé sur les entraves à l’exercice du droit de manifester dans des pays comme le Sénégal. Se basant sur ce constat, et vu l’ampleur des restrictions de ce droit dans beaucoup de pays, l’organisation internationale de défense des droits humains va lancer une campagne mondiale de protestation.

«Face à la menace sans précédent qui pèse sur le droit de manifester, Amnesty International lance une campagne mondiale», a informé hier, mardi 19 juillet 2022, l’organisation dans une note qui accompagne un rapport d’une quarantaine de pages sur ces restrictions. Les motivations de cette campagne expliquées dans le document se fondent sur le fait que «le droit de manifester est actuellement la cible d’une menace croissante et sans précédent dans toutes les régions du monde», a déclaré Amnesty International, le 19 juillet 2022, à l’occasion du lancement d’une nouvelle campagne mondiale, «destinée à contrer les efforts redoublés et élargis que certains États déploient pour saper ce droit fondamental». Amnesty International de poursuivre, en soutenant que «de la Russie au Sri Lanka, en passant par la France, le Sénégal, l’Iran et le Nicaragua, des États ont entrepris de mettre en œuvre un éventail de plus en plus large de mesures visant à réprimer la dissidence organisée».

Selon toujours l’organisation international de défense des droits de l’homme, «aux quatre coins du monde, des manifestant (es) se heurtent à plusieurs obstacles ardus : refoulements, associés à un nombre grandissant de lois et d’autres mesures restreignant le droit de manifester ; recours abusif à la force, développement d’une surveillance massive et ciblée ; coupures de l’accès à Internet et censure en ligne ; violences et stigmatisation. En outre, les groupes marginalisés et discriminés rencontrent encore plus de difficultés». Pourtant, ajoute toujours Amnesty, «divers problèmes, comme la crise environnementale, le creusement des inégalités et les menaces grandissantes qui pèsent sur les moyens d’existence, le racisme systémique et les violences liées au genre, ont rendu l’action collective encore plus nécessaire».

AMNESTY CONSTATE UNE DIABOLISATION DES MANIFESTANTS…

«Les États ont réagi en adoptant des législations qui restreignent de manière illégitime le droit de manifester. Par exemple, certains ont imposé une interdiction générale des manifestations, comme la Grèce et Chypre pendant la pandémie de Covid-19. Au Royaume-Uni, une nouvelle loi contient des dispositions conférant aux policiers des pouvoirs étendus, notamment celui d’interdire les «manifestations bruyantes». Au Sénégal, les manifestations politiques dans le Centre de Dakar sont interdites depuis 2011, ce qui empêche les rassemblements à proximité des bâtiments officiels», fustige-t-elle. Par ailleurs, «différents États utilisent de plus en plus les pouvoirs d’urgence comme prétexte pour réprimer la dissidence».

Il y a aussi, regrette Amnesty International, «une diabolisation des manifestants. Des États justifient les restrictions en avançant que les manifestations représentent un risque pour l’ordre public et en stigmatisant les manifestants, qu’ils qualifient de «fauteurs de troubles», d’«émeutiers», voire de         «terroristes». Et en les décrivant ainsi, «les autorités légitiment leur politique de tolérance zéro, qui consiste à adopter et utiliser abusivement des lois floues et draconiennes en matière de sécurité, à déployer des agents lourdement armés pour maintenir l’ordre et à prendre des mesures dissuasives à titre préventif», conclut-elle.

…ET UNE «MILITARISATION» DU MAINTIEN DE L’ORDRE, AVEC ABUS DE L’USAGE DE ARMES DITES «A LETALITE REDUITE»

Amnesty déplore également une «militarisation» du maintien de l’ordre car, à son avis, «certains États ont recours depuis longtemps à des moyens agressifs pour maintenir l’ordre lors des manifestations. Cependant, depuis quelques années, les organes de sécurité utilisent une force accrue». Et, «les armes dites «à létalité réduite», dont font partie les matraques, le gaz poivre, le gaz lacrymogène, les grenades assourdissantes, les canons à eau et les balles en caoutchouc, sont couramment utilisées de manière abusive par les forces de sécurité».

Depuis le début des années 2000, Amnesty International constate également une tendance à la militarisation des opérations menées par les États face aux manifestations, y compris le recours aux Forces Armées et à du matériel militaire.

En outre, Amnesty évoque une discrimination sociale en jugeant que des personnes sont victimes d’inégalités et de discrimination et celles-ci sont fondées sur la race, le genre, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, la religion, l’âge, la situation au regard du handicap, la profession, le statut social, la situation économique ou le statut migratoire.

La campagne «Protégeons les manifs d’Amnesty International» a pour objectifs de dénoncer les attaques contre les manifestations pacifiques, de défendre les personnes visées et de soutenir les causes portées par les mouvements sociaux en faveur de changements dans le domaine des droits humains.

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