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Guerre Israël-Hamas : Accord, Libération d’Otages, Trêve Humanitaire…

Un accord a été conclu entre Israël et le Hamas, mercredi 22 novembre, pour une trêve humanitaire dans la bande de Gaza et la libération d’otages enlevés le 7 octobre en échange de Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes. Cet accord, sous l’égide du Qatar, a été salué dans le monde comme un pas important, au 47e jour de cette guerre au Proche-Orient.

Au 47e jour de guerre entre Israël et le Hamas, un premier accord décisive a été conclu ce mercredi matin 22 novembre 2023 entre ces deux camps ennemis. Celui-ci prévoit une libération d’otages israéliens retenus dans la bande de Gaza en échange de la libération de prisonniers palestiniens et d’une trêve humanitaire de quatre jours qui devrait débuter dès ce jeudi à 9 h dans l’enclave palestinienne. Cet accord, cpnclu sous l’égide du Qatar, a été salué à travers le monde comme une avancée importante.

Une trêve humanitaire dès jeudi dans la bande de Gaza

Le Qatar a déclaré tôt dans la matinée qu’une « pause humanitaire » serait annoncée « dans les prochaines 24 heures » et durerait « quatre jours, avec possibilité de prolongation ». Selon plusieurs médias, la trêve devrait entrer en vigueur ce jeudi à 10 h locales (08 h heure de Paris). L’arrêt des hostilités pourrait prendre « un certain temps » pour être appliqué sur le terrain, a cependant précisé le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari.

La possibilité d’une trêve de quatre jours est « insuffisante » pour faire entrer l’aide requise dans la bande de Gaza, ont toutefois estimé ce mercredi plusieurs ONG, appelant à un cessez-le-feu. On retrouve notamment parmi celles-ci Amnesty International, Handicap international, Oxfam, Médecins sans frontières, Médecins du Monde ou encore Save the Children.

Depuis près de deux mois, Israël pilonne sans relâche la bande de Gaza où s’entassent 2,4 millions de Palestiniens, depuis le déclenchement de la guerre par l’attaque sanglante du Hamas le 7 octobre dernier sur le sol israélien, depuis l’enclave palestinienne où il a pris le pouvoir en 2007.

Pas de libération d’otages avant vendredi, selon Israël

Selon le Hamas, l’accord prévoit également la libération au cours de ces quatre jours de 50 otages israéliens, « des femmes et des enfants de moins de 19 ans », contre celle de 150 Palestiniens, des « femmes et des enfants » également de moins de 19 ans, détenus dans les prisons israéliennes.

Environ 240 personnes avaient été enlevées par le Hamas le 7 octobre dernier sur le sol israélien et emmenées par le mouvement islamiste dans la bande de Gaza, selon Israël, qui a diffusé une liste de 300 prisonniers palestiniens  : 33 femmes, 123 adolescents de moins de 18 ans et 144 jeunes d’environ 18 ans, susceptibles d’être libérés par phases. Parmi ces détenus figurent 49 membres du Hamas, 28 du Jihad islamique, 60 du mouvement Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas et 17 du Front populaire de libération de la Palestine.

Malgré cet accord, il n’y aura pas de libération d’otages avant vendredi, a indiqué la sécurité nationale israélienne ce jeudi soir. Un haut responsable du Hamas avait dit plus tôt dans la journée à l’AFP s’attendre à ce « qu’un premier échange de 10 otages contre 30 prisonniers soit réalisé dès jeudi ». La principale association israélienne de familles d’otages s’est dite ce mercredi « très heureuse qu’une libération partielle soit en cours », précisant ne pas savoir pour l’instant « qui sera libéré et quand ».

Le Qatar est devenu un négociateur incontournable

En facilitant la libération d’otages détenus par le Hamas, le Qatar confirme son rôle de médiateur incontournable entre Occidentaux et mouvements radicaux, tout en mettant en sourdine les critiques sur ses liens avec le mouvement islamiste palestinien. Ainsi que ses liens avec d’autres États et groupes radicaux considérés comme des parias, même par ses alliés proches.

L’accord trouvé tôt mercredi entre le Hamas, qui détient quelque 240 otages israéliens et étrangers, et Israël via Doha, est l’incarnation « de ce que pouvons faire et que personne d’autre ne peut faire », s’est félicité le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari. « Nous avons engagé tout le pays dans ce sens. Si ça ne marche pas, c’est l’enfer », a-t-il encore avancé à l’AFP.

L’accord est « un pas important dans la bonne direction, mais beaucoup reste à faire », a déclaré mercredi un porte-parole du secrétaire général de l’Onu.

Convois humanitaires et poursuite de la guerre

Selon le Qatar, cette courte trêve permettra également l’entrée d’un « plus grand nombre de convois humanitaires et d’aide d’urgence, y compris du carburant », Gaza étant confrontée à un siège total imposé par Israël. « Au moins 200 à 300 camions entreront, dont huit camions de carburant et de gaz », selon un haut cadre du Hamas, Taher al-Nounou.

Pour autant, malgré l’accord, les bombardements n’ont pas cessé ce mercredi sur la bande de Gaza, selon des sources palestiniennes. « Nous confirmons que nos mains resteront sur la gâchette et que nos bataillons triomphants resteront aux aguets », a averti le Hamas, après l’annonce de l’accord.

À l’occasion d’une prise de parole au sujet de cet accord, le premier ministre Benyamin Netanyahou a affirmé à plusieurs reprises « la guerre continue »« Le gouvernement israélien, l’armée israélienne et les forces de sécurité poursuivront la guerre pour ramener toutes les personnes enlevées, éliminer le Hamas et garantir qu’il n’y ait plus aucune menace pour l’État d’Israël depuis Gaza », a réaffirmé de son côté le gouvernement.

Un bilan meurtrier toujours en hausse

Selon le gouvernement du Hamas, 14 128 personnes ont été tuées dans les bombardements israéliens sur la bande de Gaza depuis le début de la guerre, parmi lesquelles plus de 5 840 enfants et 3 920 femmes, selon un nouveau bilan mardi.

Côté israélien, l’attaque du Hamas a fait 1 200 morts, majoritairement des civils tués le 7 octobre, selon les autorités. Selon l’armée, 68 soldats ont été tués dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre.