A L uneACTUALITESinternationalPOLITIQUE

États-Unis . Élection présidentielle : Donald Trump et le président américain, Joe Biden dominent les primaires du Super Tuesday

Le Super Mardi est venu confirmer toutes les prévisions : Joe Biden et Donald Trump seront de nouveau face à face en novembre prochain pour l’élection présidentielle américaine.

Dans seize états à travers les États-Unis qui votaient simultanément dans des primaires ou des caucus pendant la journée de mardi, le fameux Super Tuesday – autrement dit Super Mardi – les électeurs se sont ralliés aux deux figures de leur parti respectif. Leur nomination comme candidats de leurs partis est désormais quasi acquise.

Du côté démocrate, Joe Biden a remporté tous les scrutins, comme pratiquement chaque président sortant, à l’exception anecdotique du minuscule territoire des Samoa. Mais cette victoire est plus résignée qu’enthousiaste. Les démocrates qui s’inquiètent de son âge et ses capacités à faire de nouveau campagne, avant d’occuper pendant quatre années supplémentaires la fonction présidentielle, n’ont pas d’alternative à sa candidature.

Du côté républicain, la journée a été le couronnement de la campagne de Trump. «On l’appelle le Super Mardi à juste titre !», a lancé Donald Trump triomphant devant ses invités dans son club de Mar-a-Lago à Palm Beach en Floride, «on n’a jamais vu rien de tel, des résultats aussi décisifs», a-t-il claironné. Son succès massif dans quinze des seize états du Super Mardi vient s’ajouter à la série de victoires remportées depuis janvier, et le rapproche encore un peu plus de l’investiture du parti républicain.

Seule ombre à ce tableau, la victoire de sa dernière rivale, Nikki Halev dans le Vermont, vient de rappeler symboliquement que sa domination sur le parti républicain n’est pas totale. Ceux qu’il surnomme avec mépris les RINOs, les Républicains de nom seulement, conservateurs traditionnels, même minoritaires, demeurent réticents à la prise de contrôle de leur parti par le courant MAGA.

Avance impossible à rattraper

Plus d’un tiers des délégués de chaque parti était en jeu pendant cette journée. Les scrutins se tenaient simultanément dans l’Alabama, l’Arkansas, en Californie, dans le Colorado, le Maine, le Massachusetts, le Minnesota, la Caroline du Nord, l’Oklahoma, le Tennessee, le Texas, l’Utah, le Vermont et la Virginie, ainsi que l’Alaska pour les républicains et le territoire des Samoa pour les démocrates.

La large majorité remportée par Trump dans presque tous les états lui octroie une avance impossible à rattraper. Le système majoritaire en vigueur dans la plupart des primaires républicaines attribue tous les délégués de l’état au candidat arrivé en tête, à la différence des démocrates, qui attribuent les délégués plus souvent de façon proportionnelle. Mais les scores de Nikki Haley, qui atteignent parfois les 30% dans des états comme le Colorado ou la Virginie, demeurent un facteur préoccupant pour Trump, qui doit rassembler tout son camp s’il veut remporter l’élection de novembre.

«Nous voulons l’unité», a dit Trump, sans préciser si c’était celle du parti ou celle du pays, «et nous l’aurons très bientôt. Le succès apportera l’unité». Il s’est cette fois-ci retenu de se lancer dans une diatribe contre Nikki Haley. Il a prononcé un discours de campagne générale dirigé contre Joe Biden, «le pire président de l’histoire des États-Unis». Il a répété ses descriptions apocalyptiques d’une Amérique au bord de la ruine, envahie par des hordes de migrants clandestins, qui n’attend que son élection pour se redresser et renouer avec l’âge d’or que fut son premier mandat.

Haley refuse de rentrer dans le rang

Trump continue de tout bousculer sur son passage. Ne respectant ni les règles, ni les formes ou les usages, il a refusé de débattre avec les autres candidats aux primaires républicaines, préférant se faire acclamer par les foules de ses partisans. Tous ses rivaux ont fini par abandonner, à la seule exception de Nikki Halev, son ancienne ambassadrice à l’ONU. Aujourd’hui sa seule rivale. Elle refuse de rentrer dans le rang.

Sa campagne est dirigée à la fois contre Trump et contre Biden. Elle joue sur la réticence des électeurs à voir rejouer l’élection de 2020 avec deux candidats, âgés de 81 ans pour Biden et de 77 ans pour Trump.

Signe de son obstination, Haley est récemment revenue sur son engagement pris au début de la primaire de soutenir Trump s’il était investi par le parti.
«Je prendrai la décision que je veux», a-t-elle déclaré dimanche sur la chaîne NBC. Elle a aussi dit qu’elle n’était pas sûre que Trump réélu respecterait la Constitution. « Je n’en sais rien. On a toujours envie de penser qu’il le fera, mais je ne sais pas. Lorsque vous parlez de vengeance, qu’est-ce que cela signifie ? Lui seul peut répondre à cette question ».